{"id":62,"date":"2021-02-18T17:10:10","date_gmt":"2021-02-18T22:10:10","guid":{"rendered":"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/?p=62"},"modified":"2023-11-18T22:32:57","modified_gmt":"2023-11-19T03:32:57","slug":"les-politiques-stagnent-mais-les-bacteries-nattendent-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/2021\/02\/18\/les-politiques-stagnent-mais-les-bacteries-nattendent-pas\/","title":{"rendered":"Les politiques stagnent, mais les bact\u00e9ries n\u2019attendent pas"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Urgence sanitaire, masque obligatoire, germophobie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e : n\u2019enfouissez pas trop vite cet \u00e9pisode dans les souvenirs que vous voulez oublier. Le futur vers lequel on se dirige pourrait y ressembler. Et non, je ne parle pas de la deuxi\u00e8me vague. Je fais plut\u00f4t allusion au moment o\u00f9 certaines maladies infectieuses ne pourront plus \u00eatre gu\u00e9ries \u00e0 cause de la r\u00e9sistance aux antibiotiques. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, aliment\u00e9 par la surconsommation d\u2019antibiotiques, menace la sant\u00e9 mondiale et cible particuli\u00e8rement les pays en d\u00e9veloppement<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p><strong>Simone Caron,<\/strong> \u00e9tudiante \u00e0 la ma\u00eetrise recherche en g\u00e9ographie sous la supervision de Fran\u00e7ois Courchesne (UdeM).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"466\" height=\"634\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2-Caron-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-82 size-full\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2-Caron-1.png 466w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2-Caron-1-221x300.png 221w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2-Caron-1-450x612.png 450w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2-Caron-1-441x600.png 441w\" sizes=\"auto, (max-width: 466px) 100vw, 466px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p> Dans une \u00e8re post-antibiotique, une infection urinaire pourrait vous tuer. La pand\u00e9mie de la Covid-19 nous donne d\u00e9j\u00e0 un avant-go\u00fbt amer du chaos engendr\u00e9 par l\u2019absence d\u2019un rem\u00e8de&nbsp;: dans une \u00e9conomie mondialis\u00e9e, une telle crise n\u2019est pas qu\u2019un enjeu de sant\u00e9, mais aussi un enjeu social, \u00e9conomique et g\u00e9opolitique. Tout comme les changements climatiques, l\u2019antibior\u00e9sistance est une crise suffisamment document\u00e9e pour que l\u2019OMS les qualifie des plus grandes menaces \u00e0 la sant\u00e9 mondiale du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<sup>1<\/sup>. Pourtant, l\u2019action politique tra\u00eene \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la gravit\u00e9 de ces situations<sup>2<\/sup>.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9dicament miracle<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p>La p\u00e9nicilline, premier antibiotique d\u00e9couvert en 1928 par le scientifique britannique Alexandre Flemming, a engendr\u00e9 une r\u00e9elle r\u00e9volution de la sant\u00e9 publique. En plus d\u2019avoir entra\u00een\u00e9 une r\u00e9duction des d\u00e9c\u00e8s caus\u00e9s par les maladies infectieuses de 70% depuis les ann\u00e9es 1940<sup>3<\/sup>, les antibiotiques ont permis une avanc\u00e9e ph\u00e9nom\u00e9nale de la m\u00e9decine. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ces m\u00e9dicaments qu\u2019il est maintenant possible de prodiguer des soins plus intrusifs tels qu\u2019un accouchement par c\u00e9sarienne, une greffe d\u2019organe ou un traitement de chimioth\u00e9rapie.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Cependant, le risque de r\u00e9sistance aux antibiotiques \u00e9tait bien connu, et ce, d\u00e8s leur introduction dans la m\u00e9decine. Flemming avait m\u00eame pr\u00e9venu la communaut\u00e9 m\u00e9dicale des pr\u00e9cautions \u00e0 prendre pour limiter cette r\u00e9sistance bact\u00e9rienne lors de son discours d\u2019acceptation du prix Nobel en 1945.&nbsp; Malgr\u00e9 les avertissements, l\u2019efficacit\u00e9 de ces m\u00e9dicaments diminue d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, environ 700\u202f000 d\u00e9c\u00e8s par an sont actuellement attribu\u00e9s \u00e0 l\u2019antibior\u00e9sistance et ce chiffre devrait monter \u00e0 10 millions de morts en 2050<sup>1<\/sup>. La Banque Mondiale estime le co\u00fbt de l\u2019inaction \u00e0 environ 100\u202f000 milliards de dollars am\u00e9ricains d\u2019ici 2050, une somme qui serait semblable aux cons\u00e9quences \u00e9conomiques des changements climatiques<sup>4<\/sup>. Pour bien saisir l\u2019ampleur de ce montant, il repr\u00e9sente l\u2019\u00e9quivalent de 4,7 fois le PIB des \u00c9tats-Unis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Trop, c\u2019est comme pas assez!<\/strong>&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re que les peuples vivant en haute altitude tol\u00e8rent mieux le manque d\u2019oxyg\u00e8ne que le reste de la population<sup>5<\/sup>, les bact\u00e9ries r\u00e9sistent davantage aux antibiotiques dans les milieux o\u00f9 ceux-ci sont plus r\u00e9pandus. La pression s\u00e9lective exerc\u00e9e par les conditions environnementales favorise la survie d\u2019organismes adapt\u00e9s. Pour att\u00e9nuer la propagation de superbact\u00e9ries, l\u2019utilisation des antibiotiques devrait donc \u00eatre limit\u00e9e et consid\u00e9r\u00e9e qu\u2019en dernier recours pour le traitement d\u2019une infection<sup>1<\/sup>. Cependant, ce n\u2019est pas la mani\u00e8re dont ils sont actuellement utilis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9dication est souvent per\u00e7ue comme le chemin principal de la gu\u00e9rison, autant chez les patient.es que chez les m\u00e9decins, entra\u00eenant ainsi une prescription excessive de m\u00e9dicaments<sup>6<\/sup>. Il arrive donc souvent que des antibiotiques soient prescrits \u00e0 tort pour traiter une infection d\u2019origine virale, c\u2019est-\u00e0-dire caus\u00e9e par un virus et non par une bact\u00e9rie. Dans ces cas, les antibiotiques ne servent \u00e0 rien, mais peuvent au contraire engendrer une r\u00e9action allergique ou des effets secondaires<sup>7<\/sup>.&nbsp; Selon les donn\u00e9es publi\u00e9es en 2015 par la Food and Drug Administration (FDA), environ 30% des prescriptions d\u2019antibiotiques oraux s\u2019av\u00e9reraient inutiles aux \u00c9tats-Unis<sup>8<\/sup>. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les antibiotiques prescrits pour soigner certaines maladies qui peuvent se gu\u00e9rir naturellement avec le temps, telles que des otites ou des bronchites. Le gaspillage pharmaceutique alourdit ainsi inutilement le co\u00fbt du syst\u00e8me de sant\u00e9 en plus d\u2019alimenter l\u2019antibior\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9dicamenter la viande<\/strong>&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"428\" height=\"600\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/3-Caron.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-91 size-full\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/3-Caron.png 428w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/3-Caron-214x300.png 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 428px) 100vw, 428px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p>La majorit\u00e9 des antibiotiques n\u2019est pourtant pas consacr\u00e9e au milieu de la sant\u00e9, mais plut\u00f4t au secteur agricole. Au Canada, 80% des antibiotiques sont destin\u00e9s aux animaux pour la production de viande<sup>9<\/sup>. Pourquoi? Imaginez \u00eatre un poulet d\u2019\u00e9levage\u202f: vivre dans un entrep\u00f4t sans fen\u00eatre, tellement entass\u00e9 qu\u2019il est presque impossible de se d\u00e9placer. Difficile \u00e0 concevoir en temps de coronavirus, justement car ces conditions sont parfaites pour l\u2019\u00e9closion d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie. C\u2019est pourquoi des antibiotiques sont donn\u00e9s de mani\u00e8re pr\u00e9ventive aux animaux d\u2019\u00e9levage. De faibles doses leur sont alors distribu\u00e9es quotidiennement, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas malades.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, ces m\u00e9dicaments sont aussi utilis\u00e9s en tant que facteur de croissance. Les antibiotiques peuvent favoriser le gain de poids des animaux, ce qui permet aux producteurs de r\u00e9duire les co\u00fbts et d\u2019augmenter la production de viande. En Europe, l\u2019utilisation des antibiotiques en tant que facteur de croissance a \u00e9t\u00e9 bannie en 2006<sup>2<\/sup>, mais elle reste bien pr\u00e9sente ailleurs, comme au Canada<sup>9<\/sup>, et prend de plus en plus d\u2019ampleur dans les pays en d\u00e9veloppement, surtout avec l\u2019augmentation mondiale de la consommation de viande<sup>5<\/sup><strong>.<\/strong> Ces conditions favorisent l\u2019apparition de bact\u00e9ries r\u00e9sistantes dans les intestins des animaux d\u2019\u00e9levage, qui peuvent ensuite \u00eatre transmises aux humains \u00e0 travers la cha\u00eene alimentaire ou par contact direct avec les animaux<sup>7<\/sup>.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les impacts de l\u2019industrie des antibiotiques se propagent \u00e9galement dans l\u2019environnement. D\u2019une part, la plupart des antibiotiques donn\u00e9s au b\u00e9tail sont excr\u00e9t\u00e9s dans le fumier<sup>10<\/sup>, qui est ensuite r\u00e9pandu sur les champs en tant que fertilisant agricole. Ainsi, les antibiotiques se retrouvent dans les sols et dans les bassins versants<sup>10<\/sup>. D\u2019autre part, la production d\u2019antibiotiques est une cause notable de pollution<sup>11<\/sup>. Bien que la majorit\u00e9 des antibiotiques soient consomm\u00e9s dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, la production d\u2019antibiotiques et d\u2019ingr\u00e9dients pharmaceutiques actifs est presque exclusivement localis\u00e9e en Inde et en Chine, o\u00f9 les r\u00e9glementations quant aux rejets industriels dans les cours d\u2019eau sont inexistantes<sup>12<\/sup>. Une fois que les antibiotiques entrent dans les cours d\u2019eau, ils peuvent se propager rapidement dans les r\u00e9seaux hydrographiques<sup>13<\/sup>\u202f: environ 65% des rivi\u00e8res du globe sont contamin\u00e9es aux antibiotiques<sup>14<\/sup>.&nbsp; En plus des effets n\u00e9fastes sur la biodiversit\u00e9, une telle pollution entra\u00eene la prolif\u00e9ration de bact\u00e9ries r\u00e9sistantes dans les sols, les cours d\u2019eau et les s\u00e9diments et peut devenir un vecteur de transmission de superbact\u00e9ries vers l\u2019humain<sup>15<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Creuser les in\u00e9galit\u00e9s<\/strong>&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Puisque les pathog\u00e8nes r\u00e9sistants circulent dans la population humaine, les superbact\u00e9ries se retrouvent actuellement sur tous les continents, mais les ravages de l\u2019antibior\u00e9sistance ne sont pas \u00e9quitablement distribu\u00e9s<sup>12<\/sup>. Les pays en d\u00e9veloppement en sont particuli\u00e8rement affect\u00e9s<sup>12<\/sup>, car les bact\u00e9ries r\u00e9sistantes y sont plus r\u00e9pandues, alors que le syst\u00e8me de sant\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caire. Selon une \u00e9tude men\u00e9e par des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 York en 2019, les rivi\u00e8res les plus pollu\u00e9es aux antibiotiques se retrouvent en Asie du Sud-Est et en Afrique<sup>15<\/sup>. Or, la pr\u00e9valence d\u2019infections bact\u00e9riennes \u00e9vitables gr\u00e2ce \u00e0 des vaccins, tel le chol\u00e9ra, la dipht\u00e9rie et la tuberculose, est presque exclusive aux r\u00e9gions o\u00f9 les mesures d\u2019hygi\u00e8ne et la vaccination sont insuffisantes<sup>17<\/sup>. Par exemple, l\u2019Afrique subsaharienne et l\u2019Asie du Sud-Est sont surrepr\u00e9sent\u00e9es dans les 10,4 millions de cas de tuberculose recens\u00e9s en 2015, dont 480 000 \u00e9taient caus\u00e9s par une bact\u00e9rie multir\u00e9sistante<sup>18<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"622\" height=\"420\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/4-Caron.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-94\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/4-Caron.png 622w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/4-Caron-300x203.png 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/4-Caron-450x304.png 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 622px) 100vw, 622px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La forte pollution aux antibiotiques m\u00eal\u00e9e au manque de soins et d\u2019assainissement entra\u00eenent une pr\u00e9sence plus prononc\u00e9e d\u2019organismes r\u00e9sistants dans les pays \u00e0 plus faibles revenus. Ces pays sont d\u2019autant plus vuln\u00e9rables \u00e9tant donn\u00e9 les co\u00fbts des traitements de deuxi\u00e8me ligne, qui sont souvent trop \u00e9lev\u00e9s pour \u00eatre accessibles. Par exemple, le co\u00fbt additionnel li\u00e9 au traitement d\u2019une infection \u00e0 bact\u00e9rie r\u00e9sistante par patient est d\u2019environ 700$ US<sup>19<\/sup>. En Inde, il faudrait 442 jours de travail au salaire moyen pour gagner cette somme<sup>20<\/sup>. L\u2019augmentation de la facture m\u00e9dicale se traduit non seulement par des r\u00e9percussions \u00e9conomiques importantes sur les syst\u00e8mes de sant\u00e9, mais surtout par un \u00e9cart grandissant des in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux soins<sup>12<\/sup>. Les pays \u00e0 faibles revenus seront ainsi moins r\u00e9silients \u00e0 cette crise et seront davantage touch\u00e9s par la mortalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la r\u00e9sistance bact\u00e9rienne.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"570\" height=\"435\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/5-Caron.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-95\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/5-Caron.png 570w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/5-Caron-300x229.png 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/5-Caron-450x343.png 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 570px) 100vw, 570px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>\u00ab Si nous ne parvenons pas \u00e0 r\u00e9soudre la r\u00e9sistance aux antibiotiques, nous allons payer de nos poches, mais les pauvres paieront de leur vie.  \u00bb<\/strong><\/p><cite>Participant \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e mondiale de la sant\u00e9 de l\u2019OMS, octobre 2018<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quel est le plan?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour s\u2019adapter, la cr\u00e9ation de nouveaux traitements efficaces contre les bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes sera n\u00e9cessaire. Cependant, le d\u00e9veloppement d\u2019antibiotiques a stagn\u00e9 depuis environ 30 ans,<sup> <\/sup>n\u2019\u00e9tant pas jug\u00e9 comme suffisamment profitable pour justifier les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la recherche et au d\u00e9veloppement<sup>3<\/sup>. Depuis les ann\u00e9es 1980, 15 des 18 plus grandes compagnies pharmaceutiques au monde ont compl\u00e8tement abandonn\u00e9 le d\u00e9veloppement de nouveaux antibiotiques<sup>21<\/sup>.<sup> <\/sup>Ces entreprises pr\u00e9f\u00e8rent investir dans les traitements de maladies chroniques<sup>3<\/sup>, qui g\u00e9n\u00e8rent beaucoup plus de revenus, notamment car la m\u00e9dication doit \u00eatre prise sur une plus longue p\u00e9riode et le vieillissement de la population en fait un march\u00e9 en expansion. Par exemple, un m\u00e9dicament musculosquelettique rapporte 11 fois plus de profits qu\u2019un antibiotique injectable<sup>3<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, les bact\u00e9ries continueront \u00e0 s\u2019adapter, alors les efforts de d\u00e9veloppement de nouveaux traitements seront toujours \u00e0 recommencer tant que les antibiotiques seront surutilis\u00e9s. Les preuves scientifiques sont suffisantes pour indiquer un besoin urgent de r\u00e9duire la consommation d\u2019antibiotiques, mais il semble y avoir un manque de volont\u00e9 politique afin de garantir de r\u00e9els changements<sup>2<\/sup>. Au Canada, bien qu\u2019il y ait un plan d\u2019action pour lutter contre la r\u00e9sistance, aucune mesure efficace n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise en place pour limiter la consommation d\u2019antibiotiques<sup>9<\/sup>. Il existe tout de m\u00eame certains pays qui sont pass\u00e9s \u00e0 l\u2019action, tels que les Pays-Bas qui ont r\u00e9duit leur consommation d\u2019antibiotiques dans le secteur agricole de 65% depuis les ann\u00e9es 2000<sup>9<\/sup>. Toutefois, la r\u00e9sistance bact\u00e9rienne est une menace qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res, alors qu&rsquo;elle requiert des m\u00e9canismes de gouvernance \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale pour mitiger sa propagation<sup>22<\/sup>. L\u2019OMS se penche activement sur le dossier, mais elle ne peut que fournir des lignes directrices aux gouvernements. La coop\u00e9ration politique sera n\u00e9cessaire pour r\u00e9duire suffisamment la consommation mondiale d\u2019antibiotiques. De plus, l\u2019aide internationale visant \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable et \u00e0 la vaccination permettrait de r\u00e9duire drastiquement le nombre de bact\u00e9ries r\u00e9sistantes en circulation et les cons\u00e9quences qu\u2019elles entra\u00eenent<sup>23<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout comme les changements climatiques, l\u2019antibior\u00e9sistance est une crise globale, aliment\u00e9e par la surconsommation et le manque de vision durable et collective. Pour \u00e9viter de frapper un mur \u00e0 toute vitesse, certains changements s\u2019imposent \u00e0 notre syst\u00e8me. Notamment, l\u2019\u00e9levage intensif, qui est responsable de plus de la moiti\u00e9 des antibiotiques consomm\u00e9s dans le monde<sup>24<\/sup> et de 14,5% des \u00e9missions anthropiques de GES<sup>25<\/sup>, m\u00e9rite d\u2019\u00eatre repens\u00e9. Du moins, la consommation de viande pourrait facilement \u00eatre r\u00e9duite. De plus, la d\u00e9localisation des centres de production loin des march\u00e9s, qui soustrait les cons\u00e9quences environnementales et sanitaires au regard des consommateurs, s\u2019inscrit dans une tendance qu\u2019il vaudrait mieux inverser. Fondamentalement, il faudrait se d\u00e9partir du mythe de la croissance infinie, afin de prioriser les r\u00e9els besoins des populations plut\u00f4t que les profits, tout en prenant conscience du caract\u00e8re limit\u00e9 des ressources. En ce sens, les changements soci\u00e9taux n\u00e9cessaires pour sauver le climat ont beaucoup en commun avec ceux qui nous permettraient de combattre l\u2019antibior\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne nous reste qu\u2019\u00e0 choisir de quelle mani\u00e8re nous voulons vivre le 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>O\u2019Neil, J. (2016). Tackling drug-resistant infections globally: Final report and recommendations. The Review on Antimicrobial Resistance.; http:\/\/amr-review.org\/Publications.html.&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"2\"><li>Carlet, J., Pulcini, C., &amp; Piddock, L. J. V. (2014). Antibiotic resistance\u202f: A geopolitical issue. Clinical Microbiology and Infection, 20(10), 949\u2011953. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/1469-0691.12767\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/1469-0691.12767<\/a>&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"3\"><li>Plackett, B. (2020). No money for new drugs. Nature, 543 (S50-S52). doi: https:\/\/doi.org\/10.1038\/d41586-020-02884-3&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"4\"><li>World Bank Group (2017). Drug-resistant infections: A threat to our economic future (vol. 2): Final report. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0: http:\/\/documents. worldbank.org\/curated\/en\/323311493396993758\/final-report.&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"5\"><li>Bigham A, Bauchet M, Pinto D, Mao X, Akey JM, Mei R, Scherer SW, Julian CG, Wilson MJ, L\u00f3pez Herr\u00e1ez D, Brutsaert T, Parra EJ, Moore LG, Shriver MD. (2010). \u00ab\u00a0Identifying signatures of natural selection in Tibetan and Andean populations using dense genome scan data\u00a0\u00bb. PLOS Genetics. 6 (9): e1001116. doi:10.1371\/journal.pgen.1001116&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"6\"><li>Allorant, A. &amp; Naudet, J. (2019). The Politics of Antibiotics: An interview with Ramanan Laxminarayan. https:\/\/booksandideas.net\/The-Politics-of-Antibiotics.html&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"7\"><li>Smith, S. M., Fahey, T., Smucny, J., &amp; Becker, L. A. (2014). Antibiotics for acute bronchitis. Cochrane database of systematic reviews, (3).&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"8\"><li>FDA (U.S. Food and Drug Administration). (2015). Summary report on antimicrobials sold or distributed for use in food-producing animals. Available at; http:\/\/www.fda.gov\/downloads\/ForIndustry\/UserFees\/AnimalDrugUserFeeActADUFA\/UCM476258.pdf (accessed May 8, 2016).&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"9\"><li>Agence de la Sant\u00e9 Publique du Canada. (2019). Preserving Antibiotics Now and Into the Future. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 : http:\/\/www.cpsa.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/CPHO_Report_EN.pdf&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"10\"><li>Vaillancourt, J. (2019). Nos animaux d\u2019\u00e9levage consomment trop d\u2019antibiotiques. Radio-Canada. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 : https:\/\/ici.radio-canada.ca\/nouvelles\/special\/2018\/03\/antibiotiques-animaux-elevage-resistance-bacteries-sante-canada-porc-poulet\/&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"11\"><li>Wang FH, et al. (2006). The estimation of the production and amount of animal manure and its environmental effect in China. China Environ Sci 26:614\u2013617&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"12\"><li>Fick, J. et al. (2009). &lsquo;Contamination of surface, ground, and drinking water from pharmaceutical production&rsquo;, Environ. Toxicol. Chem. 28: 2522\u20132527.&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"13\"><li>Van der Heijden, M Sandgren, A., Pr\u00e4nting, M., Karvanen, M., Aagaard, H., Zorzet, A., Ren, M. &amp; Cars, O. (2019). When the Drugs Don\u2019t Work: Antibiotic Resistance as a Global Development Problem. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0:&nbsp;&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"14\"><li>Alcock RE, Sweetman A, Jones KC. (1999). Assessment of organic contaminant fate in waste water treatment plants. I: Selected compounds and physicochemical properties. Chemosphere 38(10):2247\u20132262.&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"15\"><li>Wilkinson, J. &amp; Boxall, A. (2019). Antibiotics found in some of the world\u2019s rivers exceed \u2018safe\u2019 levels, global study finds. https:\/\/www.york.ac.uk\/news-and-events\/news\/2019\/research\/antibiotics-found-in-some-of-worlds-rivers\/&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"16\"><li>Kraemer, S. A., Ramachandran, A., &amp; Perron, G. G. (2019). Antibiotic Pollution in the Environment\u202f: From Microbial Ecology to Public Policy. Microorganisms, 7(6). https:\/\/doi.org\/10.3390\/microorganisms7060180&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"17\"><li>OMS. (2012). Maladies \u00e9vitables par la vaccination et vaccins. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 : https:\/\/www.who.int\/ith\/chapters\/ithchapter6FR.pdf?ua=1&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"18\"><li>Berthuin, J. &amp; Miras, M. (2018). LA RESISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES: UN ENJEU DE SANTE PUBLIQUE ET ECONOMIQUE. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 : <a href=\"https:\/\/www.bpifrance.fr\/A-la-une\/Dossiers\/La-resistance-aux-antibiotiques-un-enjeu-de-sante-publique-et-economique\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.bpifrance.fr\/A-la-une\/Dossiers\/La-resistance-aux-antibiotiques-un-enjeu-de-sante-publique-et-economique<\/a>&nbsp;&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"19\"><li>J. B. Mullerpattan, Z. Z. Udwadia, R. A. Banka, S. R. Ganatra &amp; Z. F. Udwadia, &lsquo;Catastrophic costs of treating drug resistant TB patients in a tertiary care hospital in India,&rsquo; Indian Journal of Tuberculosis. (2018): doi:10.1016\/j.ijtb.2018.04.011&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"20\"><li>Chandy, S. J. (2014). Antibiotic use &amp; resistance patterns, perceptions, policy and the price to pay. <a href=\"http:\/\/hdl.handle.net\/10616\/41982\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/hdl.handle.net\/10616\/41982<\/a>&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"21\"><li>Radio-Canada. (2018). Les antibiotiques, oubli\u00e9s par l\u2019industrie pharmaceutique. <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/ici.radio-canada.ca\/nouvelle\/1083952\/antibiotique-resistance-industrie-pharmaceutique-medicament-vaccins-profits\" target=\"_blank\">https:\/\/ici.radio-canada.ca\/nouvelle\/1083952\/antibiotique-resistance-industrie-pharmaceutique-medicament-vaccins-profits<\/a>&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"22\"><li>Padiyara, P., Inoue, H., &amp; Sprenger, M. (2018). Global Governance Mechanisms to Address Antimicrobial Resistance. Infectious diseases, 11, 1178633718767887. https:\/\/doi.org\/10.1177\/1178633718767887&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"23\"><li>Laxminarayan, R., Matsoso, P., Pant, S., Brower, C., R\u00f8ttingen, J.-A., Klugman, K., &amp; Davies, S. (2016). Access to effective antimicrobials\u202f: A worldwide challenge. The Lancet, 387(10014), 168\u2011175. https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(15)00474-2&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"24\"><li>OMS. (2015). <em>Que faire contre les bact\u00e9ries r\u00e9sistantes dans la cha\u00eene alimentaire? <\/em>Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0\u202f:&nbsp; https:\/\/www.who.int\/bulletin\/volumes\/93\/4\/15-030415\/fr\/&nbsp;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"25\"><li>Food and agriculture Organization. (2020). Key facts and findings. Rep\u00e9r\u00e9 \u00e0: http:\/\/www.fao.org\/news\/story\/fr\/item\/197623\/icode\/&nbsp;<\/li><\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Urgence sanitaire, masque obligatoire, germophobie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e : n\u2019enfouissez pas trop vite cet \u00e9pisode dans les souvenirs que vous [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":241,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-62","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1ere-edition"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=62"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":481,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62\/revisions\/481"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/241"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=62"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=62"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=62"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}