{"id":142,"date":"2021-02-18T17:25:00","date_gmt":"2021-02-18T22:25:00","guid":{"rendered":"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/?p=142"},"modified":"2023-11-18T22:32:57","modified_gmt":"2023-11-19T03:32:57","slug":"cap-vers-le-toit-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/2021\/02\/18\/cap-vers-le-toit-du-monde\/","title":{"rendered":"Cap vers le \u00ab\u00a0toit du monde\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Au-del\u00e0 des avanc\u00e9es scientifiques qu\u2019ils apportent, les terrains de recherche requi\u00e8rent de la patience et une pr\u00e9paration minutieuse. En contrepartie, ils offrent des moments uniques qui marquent profond\u00e9ment la vie des chercheurs. D\u2019Ottawa \u00e0 l\u2019\u00eele Ward Hunt, voici les p\u00e9r\u00e9grinations de deux scientifiques durant la premi\u00e8re \u00e9tape d\u2019une exp\u00e9dition scientifique hors du commun sur une petite \u00eele du Grand Nord.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gautier Davesne,<\/strong> \u00e9tudiant au doctorat en g\u00e9ographie sous la supervision de Daniel Fortier (UdeM) et membre du Centre d&rsquo;\u00c9tudes Nordiques (ULaval).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"563\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-1024x563.png\" alt=\"\" data-id=\"143\" data-full-url=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1.png\" data-link=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/?attachment_id=143\" class=\"wp-image-143\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-1024x563.png 1024w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-300x165.png 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-768x422.png 768w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-1536x844.png 1536w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-450x247.png 450w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1-1092x600.png 1092w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-1.png 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\"><br><br><br><\/figcaption><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Itin\u00e9raire pour se rendre sur l\u2019\u00eele Ward Hunt depuis Ottawa. L\u2019encadr\u00e9 repr\u00e9sente la section nord d\u2019Ellesmere (Source&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.visibleearth.nasa.gov\/\">https:\/\/www.visibleearth.nasa.gov\/<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p>Le vrombissement des moteurs du <em>Twin Otter<\/em> ralentit et nous commen\u00e7ons \u00e0 perdre de l\u2019altitude. Mon GPS indique que nous venons de franchir le 83<sup>e<\/sup> parall\u00e8le nord \u00e0 quelque 4300 kilom\u00e8tres de Montr\u00e9al. Devant nous s\u2019ouvre l\u2019immensit\u00e9 de la banquise arctique, qui refl\u00e8te un soleil qui ne se couchera pas avant la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9. Au milieu du chaos de glace se dresse l\u2019\u00eele Ward Hunt, l\u2019ultime morceau de terre avant le p\u00f4le Nord. Cet ilot d\u00e9sertique et glac\u00e9, \u00e0 peine plus grand que les \u00eeles de Boucherville, sera notre destination finale. C\u2019est la quatri\u00e8me fois que je m\u2019envole vers Ward Hunt et \u00e0 chaque fois c\u2019est toute une aventure.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00eele Ward Hunt est situ\u00e9e dans le parc national Quttinirpaaq (\u1581\u1466\u144e\u14c2\u1550\u1439\u1585), le toit du monde en Inuktitut, au nord de l\u2019\u00eele d\u2019Ellesmere, \u00e0 quelque 750 kilom\u00e8tres du p\u00f4le Nord et \u00e0 800 kilom\u00e8tres de la communaut\u00e9 inuite la plus proche, Grise Fjord (\u140a\u1405\u152a\u1403\u1466\u1450\u1585). De ce fait, l\u2019\u00eele abrite le camp de recherche le plus septentrional de la plan\u00e8te. Depuis pr\u00e8s de 15 ans, le Centre d\u2019\u00e9tudes nordiques (CEN) y a engag\u00e9 des recherches sur la dynamique des \u00e9cosyst\u00e8mes du d\u00e9sert polaire et leurs r\u00e9ponses aux changements climatiques. Initialement orient\u00e9e vers la microbiologie sous l\u2019impulsion de Warwick Vincent (ULaval), la recherche s\u2019est ensuite \u00e9largie \u00e0 la g\u00e9omorphologie (Daniel Fortier, UdeM), \u00e0 la biologie (Esther L\u00e9vesque, UQTR) et \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la neige (Florent Domin\u00e9, ULaval). Mes recherches sont d\u2019ailleurs \u00e0 la crois\u00e9e de ces trois derniers volets, car l\u2019objectif de ma th\u00e8se est de mieux comprendre le r\u00f4le jou\u00e9 par le couvert de neige sur le d\u00e9veloppement du paysage polaire. Les recherches pr\u00e9liminaires r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 Ward Hunt ont mis en \u00e9vidence que les plaques de neige, qui persistent une bonne partie de l\u2019\u00e9t\u00e9, constituent la principale source d\u2019eau pour les versants durant la courte p\u00e9riode de d\u00e9gel. Dans l\u2019environnement aride du d\u00e9sert polaire, cette eau active une s\u00e9rie de processus biologiques et g\u00e9omorphologiques donnant lieu \u00e0 une mosa\u00efque de milieux humides et de formes de terrains qui structurent le paysage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Rattraper l\u2019hiver au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Notre p\u00e9riple commence \u00e0 l\u2019a\u00e9roport d\u2019Ottawa au petit matin du 25 mai 2019. Il fait d\u00e9j\u00e0 25 \u00b0C et \u00e7a sent l\u2019\u00e9t\u00e9. Je rejoins Florent Domin\u00e9 qui m\u2019accompagne pour les deux premi\u00e8res semaines de mon s\u00e9jour de deux mois sur l\u2019\u00eele Ward Hunt afin de m\u2019aider \u00e0 \u00e9tudier la neige. C\u2019est une \u00e9tape fondamentale pour mon projet, car la caract\u00e9risation des propri\u00e9t\u00e9s physiques du couvert de neige me donnera des donn\u00e9es pr\u00e9cieuses pour en comprendre les effets sur le milieu, notamment son r\u00f4le de couche isolante du sol.<\/p>\n\n\n\n<p>Florent est un habitu\u00e9 des r\u00e9gions polaires. Il a traqu\u00e9 les flocons du Nord canadien \u00e0 l\u2019Antarctique, en passant par le Groenland et le Spitzberg. En bon fran\u00e7ais, Florent a apport\u00e9 avec lui deux reblochons, cinq tranches de lard et du vin blanc de Savoie. Ces victuailles impr\u00e9vues viennent charger un peu plus notre cargaison d\u00e9j\u00e0 imposante&nbsp;: six caisses de mat\u00e9riel, quatre sacs \u00e0 dos et cinq glaci\u00e8res de nourriture. Apr\u00e8s un enregistrement long et co\u00fbteux, nous embarquons avec la compagnie a\u00e9rienne First Air vers notre premi\u00e8re destination, Resolute Bay sur l\u2019\u00eele de Cornwallis o\u00f9 se trouve la base du Programme du plateau continental polaire (PPCP). Nous allons y rester quelques jours en attendant notre vol pour Ward Hunt. Parcourir une si longue distance \u2013 3400 kilom\u00e8tres \u2013 vers le nord en mai, c\u2019est comme rattraper l\u2019hiver dans sa fuite.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quatre heures de vol et une escale \u00e0 Iqaluit, nous atterrissons \u00e0 Resolute Bay, sous une neige fine et \u20132 \u00b0C. Le d\u00e9paysement est total. Aucun arbre ne vient briser la ligne d\u2019horizon. Nous sommes en plein d\u00e9sert polaire. Cette \u00e9cozone couvre une large portion du Haut-Arctique canadien et elle se caract\u00e9rise par tr\u00e8s peu de v\u00e9g\u00e9tation et une grande aridit\u00e9. Seules quelques zones humides dispers\u00e9es au milieu de la rocaille abritent une flore et une faune plus diversifi\u00e9e formant ainsi de v\u00e9ritables oasis polaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour de l\u2019a\u00e9roport de Resolute Bay, excentr\u00e9 du village, les seuls rep\u00e8res visuels dans le d\u00e9sert encore blanc sont les hangars qui abritent les avions, les entrep\u00f4ts pr\u00e9fabriqu\u00e9s et les montagnes de bidons. Au milieu de ce chaos color\u00e9 se trouve l\u2019immense base du PPCP. C\u2019est l\u00e0 que toute la recherche scientifique de l\u2019Arctique canadien est organis\u00e9e. Les chercheurs y sont log\u00e9s, nourris et sont \u00e9paul\u00e9s par une \u00e9quipe chevronn\u00e9e. Pour y avoir acc\u00e8s, il faut faire une demande d\u2019appui logistique pr\u00e8s d\u2019un an \u00e0 l\u2019avance. La base scientifique peut accueillir plusieurs centaines de chercheurs en pleine saison de terrain, entre juillet et ao\u00fbt. \u00c0 notre arriv\u00e9e fin mai, tout est calme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Resolute Bay&nbsp;: entre excitation et pr\u00e9paration<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Nous sommes, certes, d\u00e9j\u00e0 en plein d\u00e9sert polaire, mais l\u2019\u00eele de Ward Hunt est encore loin. Pour \u00eatre pr\u00e9cis, plus de 1000 kilom\u00e8tres d\u2019un territoire inhabit\u00e9 et sauvage nous s\u00e9pare encore de notre camp de recherche. Au lendemain de notre arriv\u00e9e \u00e0 Resolute Bay, nous nous activons donc \u00e0 r\u00e9organiser nos affaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Une partie du mat\u00e9riel n\u00e9cessaire pour mener le terrain \u00e0 Ward Hunt, incluant les instruments pesants et une palette de nourriture, avait \u00e9t\u00e9 achemin\u00e9e par avion-cargo en avril et nous attendait d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019immense hangar du PPCP. Ce hangar s\u2019apparente \u00e0 une caverne d\u2019Ali Baba o\u00f9 une grande quantit\u00e9 de mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 la recherche polaire est stock\u00e9e. Nous y passons nos journ\u00e9es \u00e0 r\u00e9organiser les caisses de mat\u00e9riel, \u00e0 faire l\u2019inventaire et peser le tout. Parmi les instruments que nous emportons, il y a, entre autres, des foreuses permettant d\u2019extraire des carottes de perg\u00e9lisol et de glace, un g\u00e9oradar pour obtenir des images de la structure du sol, diverses sondes et capteurs pour mesurer les propri\u00e9t\u00e9s de la neige, ainsi qu\u2019un drone pour faire de la photogramm\u00e9trie du site d\u2019\u00e9tude. Les moindres d\u00e9tails doivent \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9s, du nombre de rouleaux de <em>duct tape<\/em> aux chargeurs des appareils \u00e9lectroniques. En cas d\u2019oublis ou de bris, on doit faire avec les moyens du bord, car aucun ravitaillement n\u2019est pr\u00e9vu. La charge maximum de 900 kilogrammes que peut transporter l\u2019avion dans lequel nous allons embarquer, nous parait donc bien maigre, car outre le mat\u00e9riel scientifique, nous devons faire rentrer un <em>skidoo<\/em>, nos affaires personnelles, la palette de nourriture et deux bidons de diesel.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-150\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2-300x225.jpg 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2-768x576.jpg 768w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2-450x338.jpg 450w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2-800x600.jpg 800w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-2.jpg 1492w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Chargement du <em>Twin Otter<\/em> le jour du d\u00e9part vers Ward Hunt, en arri\u00e8re-plan dans le b\u00e2timent bleu se trouvent le hangar et les bureaux du PPCP.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jours passent vite \u00e0 la base de Resolute Bay et sont rythm\u00e9s par les horaires stricts des repas&nbsp;: 7h, 12h et 17h. Dans cette r\u00e9gion o\u00f9 la nuit n\u2019existe pas, la notion de journ\u00e9e perd vite de son sens et les repas deviennent les seuls marqueurs de temps. Au second jour, nous partons au village qui se trouve \u00e0 huit kilom\u00e8tres de la base afin d\u2019y rencontrer l\u2019\u00e9quipe de Parcs Canada. Le village compte pr\u00e8s de 200 habitants et poss\u00e8de les services de base&nbsp;: une \u00e9cole, un bureau Poste Canada et une coop\u00e9rative. Les all\u00e9es du village sont calmes en cette matin\u00e9e de mai. Le soleil timide illumine les maisons color\u00e9es. Un groupe d\u2019enfants se dirige vers l\u2019\u00e9cole du village sous le regard des huskys qui se font dorer la couenne le museau enfoui dans la neige.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une escale qui peut durer longtemps<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil \u00e0 6h30 en ce 28 mai. Nous sommes sur la liste des d\u00e9parts pr\u00e9vus aujourd\u2019hui. Le temps clair est de bon augure pour partir \u00e0 la date pr\u00e9vue, ce qui serait exceptionnel compte tenu de nos exp\u00e9riences pass\u00e9es. Les vols dans l\u2019Arctique se font en effet principalement \u00e0 vue, et un atterrissage sans visibilit\u00e9 sur un terrain accident\u00e9 et glac\u00e9 a toutes les chances de mal finir. La responsabilit\u00e9 est ainsi grande pour les agents des op\u00e9rations du PPCP, qui \u00e9valuent les conditions et d\u00e9cident si nous pouvons partir ou non, car l\u2019acc\u00e8s au camp scientifique c\u2019est un <em>one shot<\/em>&nbsp;. Si l\u2019avion ne peut pas atterrir \u00e0 destination, c\u2019est un retour \u00e0 la maison! En effet, les subventions du PPCP couvrent tout juste le nombre d\u2019heures de vol pour un aller-retour (10h \u00e0 2500$ de l\u2019heure dans le cas de Ward Hunt). Impossible donc pour les chercheurs de se donner une deuxi\u00e8me chance.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 8h30, nous montons voir les responsables du PPCP dans leurs bureaux aux allures d\u2019une tour de contr\u00f4le. Tim, un grand gaillard \u00e0 la moustache g\u00e9n\u00e9reuse, nous pointe les images satellites d\u2019un air dubitatif. \u00c0 notre grand d\u00e9sarroi, nous apprenons que le brouillard stagne sur la c\u00f4te nord d\u2019Ellesmere, comme souvent. Tim nous dit de repasser deux heures plus tard pour avoir les derni\u00e8res mises \u00e0 jour m\u00e9t\u00e9o.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement\u2026 quatre jours sont pass\u00e9s et nous sommes toujours clou\u00e9s au sol! La m\u00e9t\u00e9o est capricieuse dans l\u2019Arctique&nbsp;: il faut donc \u00eatre patient. Le temps presse n\u00e9anmoins, car la collaboration avec Florent avait pour objectif d\u2019\u00e9tudier la neige. Or, \u00e0 Resolute Bay, le beau tapis blanc s\u2019est d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 en une neige brune et humide, menac\u00e9e de disparition. Nous esp\u00e9rons donc que le climat, qui est encore plus froid de Ward Hunt, nous garantis un couvert de neige encore hivernal pour quelques jours.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Enfin le grand d\u00e9part<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En ce matin du 2 juin, soit une semaine apr\u00e8s notre d\u00e9part d\u2019Ottawa, nous sommes f\u00e9briles. La veille, Tim nous a conseill\u00e9 de profiter de notre derni\u00e8re nuit douillette, car les pr\u00e9visions sont bonnes. La mise \u00e0 jour m\u00e9t\u00e9o de 8h le confirme, c\u2019est un <em>GO<\/em>!<\/p>\n\n\n\n<p>Pas de temps \u00e0 perdre, notre mat\u00e9riel se fait d\u00e9j\u00e0 charger dans le <em>Twin Otter<\/em>. Nous courrons faire nos provisions de sandwichs pour le vol et sautons dans l\u2019avion. Nos pilotes, Lindsey et Oliver, nous donnent de courtes consignes de s\u00e9curit\u00e9 et nous prenons place sur des bancs pliables \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019appareil, les pieds appuy\u00e9s sur une glaci\u00e8re. Devant nous se tient la montagne de mat\u00e9riel solidement sangl\u00e9e \u00e0 la carlingue. Les moteurs se mettent en route dans un brouhaha jubilatoire. \u00c7a vibre de partout, \u00e7a sent le carburant, mais les <em>Twin Otters<\/em> sont des petits avions bimoteurs robustes et parfaitement adapt\u00e9s aux conditions extr\u00eames. Ils ont fait leurs preuves en Arctique et en Antarctique et ceux qui font des rotations depuis Resolute Bay sont pilot\u00e9s par des experts. La l\u00e9gende veut m\u00eame que certains de ces <em>Twin Otters<\/em> ont eu une premi\u00e8re vie sulfureuse, au service des FARC et du trafic de drogue dans les for\u00eats colombiennes! Notre avion s\u2019aligne avec la longue piste de gravier, plein gaz. Malgr\u00e9 son ventre lourd, le <em>Twin Otter<\/em> d\u00e9colle sans difficult\u00e9. Nous voil\u00e0 partis pour cinq heures de vol au-dessus du Haut-Arctique canadien. <\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9compense des longs mois de pr\u00e9paration d\u00e9file \u00e0 nos hublots. Voler au-dessus de l\u2019Arctique canadien par beau temps est une chance extraordinaire pour un g\u00e9ographe. Nous volons \u00e0 basse altitude, ce qui nous permet d\u2019observer en d\u00e9tail un paysage \u00e0 couper le souffle&nbsp;: plateaux, vall\u00e9es, fjords, glaciers, deltas et r\u00e9seaux hydrographiques se succ\u00e8dent sous nos yeux. Le couvert de neige discontinu laisse appara\u00eetre une mosa\u00efque de micro-environnements o\u00f9 alternent des versants rocailleux et des zones humides, d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9coulent d\u00e9j\u00e0 les eaux de fonte nivale. La notion de d\u00e9sert polaire est toute relative en cette p\u00e9riode de fonte o\u00f9 l\u2019eau liquide est partout. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 l\u2019\u00eele de Cornwallis, nous survolons successivement les \u00eeles de Devon, Graham, Axel Heiberg et finalement l\u2019immense Ellesmere. Toutes ces \u00eeles qui ont vu passer, et bien souvent mourir, les grands explorateurs de l\u2019Arctique du XIXe si\u00e8cle comme John Franklin.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"802\" height=\"535\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-146\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-3.png 802w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-3-300x200.png 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-3-768x512.png 768w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-3-450x300.png 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 802px) 100vw, 802px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Vue du Fjord de Disraeli avec au fond l\u2019oc\u00e9an Arctique (Juin 2019).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00cele d\u00e9serte et tartiflette<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Deux heures trente apr\u00e8s notre d\u00e9part de Resolute Bay, nous effectuons une escale \u00e0 Eureka, une petite base militaire et scientifique isol\u00e9e, situ\u00e9e au bord du d\u00e9troit de Nansen au milieu d\u2019Ellesmere. L\u2019arr\u00eat ne dure qu\u2019une trentaine de minutes, juste le temps de se d\u00e9gourdir les jambes pendant que les pilotes pompent un bidon de carburant dans les r\u00e9servoirs du <em>Twin Otter<\/em>. On repart pour le dernier tron\u00e7on du voyage et certainement le plus beau.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nord d\u2019Ellesmere est occup\u00e9 par la section la plus \u00e9lev\u00e9e de la cordill\u00e8re Arctique, dont de nombreux sommets d\u00e9passent les 2500 m\u00e8tres d\u2019altitude. De vastes calottes glaciaires emp\u00e2tent ces sommets et se d\u00e9versent en de longues langues de glace jusque dans les fjords qui entaillent la c\u00f4te arctique. Bien que puissants et majestueux, ces glaciers polaires n\u2019en sont pas moins en d\u00e9clin sous l\u2019effet des \u00e9t\u00e9s toujours plus chauds de l\u2019Arctique. En survolant chaque ann\u00e9e les m\u00eames zones, nous constatons les cons\u00e9quences, pour le moins rapides, des changements climatiques. Entre l\u2019ann\u00e9e de ma premi\u00e8re exp\u00e9dition en 2015, et l\u2019\u00e9t\u00e9 2019, d\u2019\u00e9normes morceaux de glace se sont d\u00e9tach\u00e9s des langues terminales des glaciers c\u00f4tiers, les faisant reculer des plusieurs centaines de m\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Twin Otter<\/em> amorce un l\u00e9ger virage pour s\u2019aligner avec le fjord de Disraeli, tout en ralentissant son allure. Au bout de quelques minutes, l\u2019avion d\u00e9bouche sur l\u2019oc\u00e9an Arctique glac\u00e9. Au milieu du panorama \u00e9blouissant se trouve Ward Hunt. L\u2019approche se fait lentement et nous faisons plusieurs rotations en rase-motte au-dessus de la c\u00f4te nord de l\u2019\u00eele et du camp enseveli sous la neige. Les pilotes cherchent les surfaces de glace les plus planes pour garantir un atterrissage sans encombre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-1 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"619\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1-1024x619.png\" alt=\"\" data-id=\"149\" data-full-url=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1.png\" data-link=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/2021\/01\/12\/cap-vers-le-toit-du-monde\/gautier-4-1\/\" class=\"wp-image-149\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1-1024x619.png 1024w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1-300x181.png 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1-768x464.png 768w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1-450x272.png 450w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1-993x600.png 993w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-4-1.png 1393w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Vue de Ward Hunt et l\u2019imposant sommet de Walker Hill (450 m) avec au fond les montagnes d\u2019Ellesmere vers le sud. Dans l\u2019encadr\u00e9&nbsp;: vue du camp avec la tente cuisine\/salon (1); les tentes chambres (2) et la toilette (3) (Juin 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quatre tours d\u2019observation, Lindsay nous fait signe que nous allons atterrir. Les skis du <em>Twin Otter<\/em> touchent en douceur la surface de neige et apr\u00e8s quelques centaines de m\u00e8tres de glissade, l\u2019avion s\u2019immobilise \u00e0 100 m\u00e8tres du camp. Nous descendons rapidement de l\u2019avion. Notre premier r\u00e9flexe est de plonger la main dans la neige. Aucun signe de fonte et il fait froid, de quoi nous garantir de belles journ\u00e9es de travail. D\u00e8s demain, nous d\u00e9buterons nos analyses de neige en r\u00e9alisant des profils stratigraphiques pour \u00e9tudier chacune des couches qui forment le manteau neigeux. L\u2019\u00eele est tout sauf hostile sous ce beau soleil de juin et le panorama qui s\u2019offre \u00e0 nous est grandiose. Pas le temps de s\u2019extasier devant le paysage pour le moment, les pilotes sont press\u00e9s, car la m\u00e9t\u00e9o peut vite changer. On d\u00e9charge le <em>Twin Otter<\/em> \u2013 sans tracteur cette fois-ci \u2013 ce qui rend la t\u00e2che longue et p\u00e9rilleuse quand vient le moment de sortir le <em>skidoo<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant que Lindsay et Oliver font un appel radio avec le PPCP pour obtenir un dernier point m\u00e9t\u00e9o avant de se remettre en route, nous faisons un tour rapide du camp pour v\u00e9rifier que les installations&nbsp;vitales&nbsp;sont encore fonctionnelles apr\u00e8s l\u2019hiver infernal qu\u2019a subi l\u2019endroit. La tente cuisine et son po\u00eale providentiel sont encore debout et la cabane toilette, bien que remplie de neige et quelque peu pench\u00e9e, semble utilisable.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pilotes font quelques photos souvenirs et s\u2019installent dans leur cockpit, sous le regard des li\u00e8vres arctiques intrigu\u00e9s par cette soudaine animation. Les li\u00e8vres sont les ma\u00eetres de l\u2019\u00eele. Avec leur \u00e9paisse fourrure blanche, ils parviennent \u00e0 supporter les froids extr\u00eames et profitent des quelques plantes et lichens qui poussent pendant les trois mois d\u2019\u00e9t\u00e9 pour se nourrir. Peu de pr\u00e9dateurs viennent s\u2019aventurer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00eele Ward Hunt. Quelques renards et loups ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 aper\u00e7us, mais aucun ours polaire. Ceux-ci pr\u00e9f\u00e8rent les r\u00e9gions plus au sud comme Resolute Bay o\u00f9 les phoques pullulent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-1 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5-1024x683.jpg\" alt=\"\" data-id=\"147\" data-full-url=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5.jpg\" data-link=\"https:\/\/geoweb.lemig.umontreal.ca\/geolibre\/index.php\/2021\/01\/12\/cap-vers-le-toit-du-monde\/gautier-5\/\" class=\"wp-image-147\" srcset=\"https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5-300x200.jpg 300w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5-768x512.jpg 768w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5-450x300.jpg 450w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5-900x600.jpg 900w, https:\/\/geoweb.cedvs.umontreal.ca\/geolibre\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Gautier-5.jpg 1473w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">D\u00e9part de Lindsay et Oliver sous le regard d\u2019un li\u00e8vre arctique (Juin 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le <em>Twin Otter<\/em>, \u00e0 vide, d\u00e9colle ensuite dans un nuage de neige comme une fus\u00e9e. Il devient rapidement une mouche dans le ciel et son bourdonnement s\u2019estompe laissant place au silence total. Pour quelque temps, nous serons les deux humains les plus au nord du continent am\u00e9ricain. Nos seuls liens avec le monde seront un poste radio et un t\u00e9l\u00e9phone satellite. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, nous avons tout ce qu\u2019il faut pour une tartiflette, sans aucun doute une grande premi\u00e8re gastronomique \u00e0 cette latitude.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au-del\u00e0 des avanc\u00e9es scientifiques qu\u2019ils apportent, les terrains de recherche requi\u00e8rent de la patience et une pr\u00e9paration minutieuse. 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